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Chapitre 3 : Diagnostic économique de son territoire


Pourquoi le diagnostic précède tout

Un club qui ne connaît pas son territoire économique conçoit des projets hors-sol. Le staff TRF repère cette faiblesse à la lecture de la première page. Le Community Needs Assessment superficiel est, rappelons-le, le premier motif de rejet d'un Global Grant humanitaire (ch. 0). Mais cette faille amont a une cause plus profonde : le club n'a jamais fait le travail de cartographie en temps calme, avant même qu'un projet n'émerge.

Ce chapitre traite de ce travail amont. Connaître son territoire n'est pas une étape de projet. C'est une posture permanente du club CED, que le coordinateur actualise chaque année, au même titre que l'audit du standard minimal.

Distinction importante. Ce chapitre 3 porte sur le diagnostic territorial global du club, vue large, annuelle, stratégique. Il sert à savoir qui sont les acteurs, où sont les besoins, où le CED a du sens, quelles thématiques retenir comme prioritaires pour le club. Il ne se confond pas avec le Community Needs Assessment d'un projet particulier (chapitre 9), qui documente formellement les besoins d'une intervention précise et qui se joint à la soumission Global Grant. Le diagnostic territorial nourrit l'intelligence stratégique du club ; le CNA nourrit un dossier TRF. Les deux coexistent : le premier prépare le terrain, le second en récolte les fruits sur un périmètre circonscrit.

Un club qui investit quatre à huit semaines dans son diagnostic territorial gagne ensuite six mois sur le cycle de ses projets. C'est un des meilleurs ratios temps-rendement de tout le dispositif CED.


Les cinq couches à cartographier

Le diagnostic territorial s'organise en cinq couches successives. Chacune se traite par un tableau récapitulatif et un paragraphe d'analyse. On les traite dans l'ordre : les populations d'abord, parce qu'elles donnent le sens ; les réseaux en dernier, parce qu'ils n'ont de valeur que rapportés aux besoins.

Couche 1 : Populations

Donnée à collecter Pourquoi c'est stratégique Source type
Population totale, pyramide des âges Calibrer l'échelle de toute intervention Recensement national, INS, ONS
Taux de pauvreté monétaire et multidimensionnelle Identifier les zones prioritaires d'intervention INS, Banque mondiale, PNUD
Jeunes sans emploi (15-24 ans et 25-34 ans) Cible clé de la formation professionnelle BIT ILOSTAT, ministère travail
Femmes chefs de famille Cible clé microfinance et groupes d'épargne Recensement, enquêtes ménages
Personnes déplacées ou réfugiées Statut spécifique, droit d'accès variable UNHCR, autorités locales
Personnes handicapées Obligation d'inclusion transversale CED Recensement, associations
Niveau d'alphabétisation adulte (par genre) Conditionne les outils de formation UNESCO, ministère éducation

La couche populations ne se lit jamais en bloc. Elle se lit désagrégée : par genre, par âge, par zone géographique (urbain, péri-urbain, rural), par statut (formel, informel, déplacé). La moyenne nationale d'un pays n'est presque jamais celle du territoire du club. L'erreur classique est de citer un chiffre PNUD sans vérifier si la zone d'intervention se situe au-dessus ou en dessous de cette moyenne. Les groupes vulnérables (jeunes sans emploi, femmes chefs de famille, personnes déplacées) sont à identifier nommément, parce qu'ils deviendront les cibles des projets et des indicateurs désagrégés exigés par la TRF.

Couche 2 : Activités économiques

Donnée à collecter Pourquoi c'est stratégique Source type
Secteurs dominants (agriculture, artisanat, commerce, services, industrie) Orienter la famille d'intervention CED Ministère économie, INS, chambres
PIB local ou régional, si disponible Échelle économique du territoire INS, statistiques régionales
Taux d'informalité économique Conditionne l'accès au crédit, à la sécurité sociale BIT, enquêtes ménages
Statuts juridiques dominants (TPE, PME, coopératives, auto-entrepreneurs) Point d'entrée pour accompagnement Registre commerce, chambres
Saisonnalité des revenus agricoles Crucial pour microfinance et épargne Ministère agriculture, terrain
Filières porteuses identifiées par l'État Alignement sur politiques publiques Plans de développement régional

On ne conçoit pas un projet CED contre la structure économique locale, on s'appuie dessus. Un territoire dominé par l'agriculture vivrière n'est pas le même que celui dominé par le commerce de détail informel ou par l'artisanat de transformation. Le taux d'informalité est l'indicateur le plus révélateur : au-dessus de 80 %, les interventions classiques de microcrédit individuel peinent, et les modèles VSLA ou coopératifs prennent le relais. Identifier les statuts juridiques dominants permet ensuite de choisir le bon point d'entrée, chambre de métiers pour les artisans, coopérative agricole pour les producteurs, incubateur pour les micro-entrepreneurs urbains.

Couche 3 : Infrastructures économiques

Donnée à collecter Pourquoi c'est stratégique Source type
Marchés, halles, aires de stockage Commercialisation de la production Terrain, mairie, cadastre
Routes et accès, ponts, pistes rurales Désenclavement économique Ministère équipement, cartes
Réseau électrique, solaire, couverture Conditionne toute activité productive Opérateurs, ministère énergie
Connectivité mobile et Internet Mobile money, e-commerce, formation Régulateurs télécoms, ITU
Points d'accès au crédit (banques, agences IMF) Carte de l'inclusion financière Banque centrale, IMF
Outils de transformation alimentaire Chaînes de valeur agro Ministère agriculture, ONG
Zones d'activité, pépinières, fab labs Écosystème entrepreneurial Agences développement

Cette couche répond à une question simple : qu'est-ce qui existe déjà, et qu'est-ce qui manque ? Un territoire enclavé sans route praticable en saison des pluies ne bénéficiera pas d'un projet de chaîne de valeur agroalimentaire tant que la question de l'accès n'est pas traitée. Un territoire sans couverture mobile ne bénéficiera pas d'un projet mobile money. Le diagnostic infrastructurel protège des projets inutiles, ceux qui ajoutent une pièce à un système dont la pièce précédente manque.

Couche 4 : Institutions

Donnée à collecter Pourquoi c'est stratégique Source type
Banques commerciales, banques de développement locales Financement formel Banque centrale
IMF (institutions de microfinance) agréées Partenaire CED privilégié Banque centrale, réseau national IMF
Coopératives existantes (agricoles, de crédit, artisanales) Bases mobilisables Ministère, chambres, ACI
Chambres de commerce, de métiers, d'agriculture Portes d'entrée sectorielles Répertoire chambres
Organismes de formation professionnelle certifiés Partenaires F1-F4 Ministère, BIT
Incubateurs et pépinières d'entreprises Partenaires L3 Agences de développement
Services déconcentrés de l'État Autorisations, co-financement Préfectures, sous-préfectures
Mairies et collectivités locales Maître d'ouvrage potentiel Directement
Agences de développement régional Alignement projets Organismes publics

La couche institutions est décisive parce qu'elle détermine avec qui le club signera des MOU. Un territoire où une IMF agréée opère déjà, avec une certification Client Protection et une couverture sectorielle pertinente, est un territoire où un projet de microfinance peut s'appuyer sur une institution existante, le Rotary n'a pas à en créer une, et n'en créerait d'ailleurs pas sérieusement (ch. 10). À l'inverse, un territoire sans IMF ni coopérative de crédit oriente vers des modèles communautaires type VSLA ou groupes d'épargne autogérés.

Couche 5 : Réseaux

Donnée à collecter Pourquoi c'est stratégique Source type
ONG CED actives sur le territoire Partenaires et bench Registre ONG, ministère
Associations locales et communautaires Relais terrain Terrain, chefs communautaires
Mouvements coopératifs et faîtières Mutualisation d'expertise Fédérations coopératives
Diasporas actives (associations de ressortissants) Co-financement et expertise Ministère diaspora, associations
Clubs Rotary voisins, Rotaract, Interact Coordination district Annuaire district
Universités, écoles d'ingénieurs, IUT Ressource étudiante et recherche Annuaire MESR
Acteurs confessionnels (Caritas, CRS, Aga Khan) Méthodologies et couverture Réseaux religieux

Les réseaux ne sont pas un décor : ils sont la condition de la pérennité. Un projet CED qui n'a, à sa sortie, aucune institution locale pour prendre le relais, est un projet qui s'effondre à M+6. La couche réseaux identifie par avance les relais (associations, coopératives, ONG, universités) qui porteront la suite, et dont l'existence conditionne la stratégie de sortie (ch. 21).


Matrice besoins × capacités × opportunités

Les cinq couches produisent de la matière. La matrice besoins × capacités × opportunités en produit du sens. C'est l'outil de synthèse qui permet au coordinateur CED de présenter au conseil du club, en deux pages, où le CED a du sens sur le territoire et par quel angle.

Besoin identifié Capacités locales existantes Opportunités CED Partenaires potentiels Priorité
Femmes sans accès au crédit en zone rurale 1 IMF agréée, couverture 15 % Extension via groupes d'épargne VSLA IMF X, CRS, coopérative Y Forte
Jeunes sans qualification urbaine 2 centres de formation obsolètes Rénovation curricula métiers porteurs Chambre des métiers, BIT Forte
Filière karité non structurée 200 productrices individuelles Coopérative de transformation Ministère agriculture, Heifer Moyenne
Informalité commerce de détail Marchés saturés, sans halles Halle couverte + formalisation Mairie, UNCDF Moyenne
Inclusion numérique paysans Couverture mobile mais faible usage Formation mobile money Opérateur, IMF, MTN/Orange Faible

Cette matrice a un intérêt opérationnel direct : elle donne au club trois à cinq opportunités prioritaires, chacune déjà équipée d'un relais existant et d'un partenaire potentiel. Quand un projet se présente, on ne part plus d'une page blanche, on part de la matrice. La règle est d'y inscrire au minimum sept besoins et d'en ressortir trois opportunités prioritaires en forte, validées collectivement par le comité CED.


Sources officielles par région

La qualité d'un diagnostic tient à la qualité de ses sources. Les clubs qui citent Wikipédia ou un article de presse économique sont désavoués en trois lignes par un lecteur TRF. Les sources ci-dessous sont les sources de référence que tout coordinateur CED doit savoir consulter.

Région Source Données fournies
France INSEE, insee.fr Démographie, pauvreté, revenu médian, emploi
France Banque de France, banque-france.fr Financement PME, taux surendettement
UEMOA (Afrique de l'Ouest) BCEAO, bceao.int Inclusion financière, agrégats monétaires
CEMAC (Afrique centrale) BEAC, beac.int Mêmes données, zone CEMAC
Afrique anglophone World Bank Data, data.worldbank.org Tous indicateurs comparables internationalement
Afrique African Development Bank, afdb.org Études pays, politiques sectorielles
Amérique latine CEPALSTAT, cepalstat.cepal.org Statistiques sociales et économiques
Amérique latine BID, iadb.org/en/data Projets et études régionales
Asie ADB Data Library, data.adb.org Tous pays asiatiques
Asie du Sud-Est ASEANstats, aseanstats.org Bloc ASEAN
Monde UNDP Human Development Reports, hdr.undp.org IDH, IDH ajusté aux inégalités
Monde UN SDG Indicators, unstats.un.org/sdgs Suivi ODD par pays
Monde GDACS, gdacs.org Alertes catastrophes, utile pour contexte
Monde Banque mondiale Open Data, data.worldbank.org Indice Gini, PIB par habitant, toutes séries
CED spécifique CGAP Global Findex, globalfindex.worldbank.org Inclusion financière, tous pays
CED spécifique BIT ILOSTAT, ilostat.ilo.org Emploi, informalité, travail décent
CED spécifique Alliance Coopérative Internationale, ica.coop Cartographie mondiale coopératives
CED spécifique UNCDF, uncdf.org Financement développement local

Règle pratique : tout diagnostic-territoire du club cite entre dix et quinze sources officielles, distinctes, datées. Si le rapport n'en cite que trois, il est trop mince. S'il en cite trente, il est trop touffu et ne sera pas lu. La cible est douze.


Entretiens terrain : méthode

Les sources officielles ne suffisent pas. Elles agrègent, elles datent, elles passent à côté des dynamiques locales. Le diagnostic se complète par une série d'entretiens terrain, conduits selon une méthode rigoureuse. Cette étape prend quatre à six semaines pour un club bien organisé ; huit semaines si la couverture est large.

Qui interroger en priorité

Une série de quinze à vingt-cinq entretiens, sélectionnés selon la grille suivante.

Profil Pourquoi Nombre indicatif
Chefs communautaires et chefs traditionnels Autorité coutumière, ancrage social 2-3
Élus locaux (maires, conseillers) Politiques publiques, priorités territoriales 2-3
Entrepreneurs locaux (TPE, PME) Vue pragmatique de l'économie réelle 3-5
Leaders associatifs Relais terrain, connaissance des vulnérabilités 2-3
Femmes représentantes (groupes, coopératives) Point de vue genré indispensable 2-3
Jeunes (étudiants, apprentis, ONG jeunesse) Dynamique générationnelle 2-3
Représentants IMF, coopératives de crédit Réalité de l'inclusion financière 1-2
Directeurs d'établissements de formation Adéquation formation-emploi 1-2
Services déconcentrés de l'État Politique sectorielle, co-financements 1-2

Quoi demander

L'entretien dure quarante-cinq minutes à une heure. Il ne demande pas : « quels sont vos besoins ? », question piège qui appelle une liste de courses. Il pose des questions ouvertes et spécifiques.

  • Quels sont les trois changements économiques les plus importants des cinq dernières années dans votre commune ?
  • Quels groupes sont les plus touchés par les difficultés économiques actuelles ?
  • Quelle initiative, passée ou en cours, vous paraît avoir bien fonctionné ? Pourquoi ?
  • Quelle initiative a échoué ? Pourquoi, selon vous ?
  • Si vous aviez 50 000 USD à placer sur votre territoire pour les trois prochaines années, où iraient-ils ?
  • Qui, sur ce territoire, pourrait être un relais sérieux pour une action CED ?
  • Quelles autorisations ou quelles autorités faut-il avoir derrière soi pour agir ici ?

Comment conduire l'entretien

L'approche capabilities (A. Sen, ch. 4) structure l'écoute. On respecte l'agency de l'interlocuteur : on ne promet rien, on ne distribue rien, on ne laisse pas entendre qu'un projet est déjà décidé. Le club est en phase d'écoute, pas d'annonce. Un entretien où le Rotarien parle plus de cinq minutes sur soixante est un entretien raté.

Deux Rotariens en binôme idéalement : un qui mène, un qui prend notes. Enregistrement seulement avec consentement explicite. Langue locale quand c'est possible, via interprète fiable sinon. Les notes sont saisies dans les 24 heures, fidèlement, sans paraphraser.

Comment restituer

À la fin du cycle, une synthèse de huit à douze pages est produite. Elle est partagée aux interlocuteurs clés pour validation, avant toute communication externe. Cette validation croisée évite les malentendus et construit la confiance en vue des projets futurs. Elle ancre aussi le diagnostic dans une parole partagée, pas dans une vision unilatérale du club.

Éthique

Consentement explicite. Anonymisation si nécessaire, notamment pour les entretiens de femmes en contexte patriarcal, ou d'entrepreneurs informels craignant une visibilité administrative. Stockage sécurisé des notes. Destruction des enregistrements audio après transcription, sauf autorisation de conservation.


Cartographier votre territoire : format concret

Le diagnostic se matérialise par trois cartes. Pas un SIG sophistiqué : trois cartes papier format A2 ou A3, doublées d'une version numérique collaborative.

  • Carte 1 : Zones d'action prioritaires. Quartiers urbains, villages ruraux, zones péri-urbaines où les besoins identifiés se concentrent. Trois à cinq zones maximum ; au-delà, le club disperse.
  • Carte 2 : Acteurs institutionnels. Implantations des banques, IMF, coopératives, chambres consulaires, mairies, ONG CED. C'est la carte qui prépare les partenariats.
  • Carte 3 : Ressources et infrastructures économiques. Marchés, routes praticables, centres de formation, entrepôts, zones d'activité. C'est la carte qui conditionne la faisabilité.

Outils pratiques : Google My Maps pour la version numérique collaborative (gratuit, partageable, mobile), OpenStreetMap pour un fond cartographique plus riche en contexte africain ou asiatique, plans cadastraux gratuits obtenus en mairie ou en préfecture. Coût matériel total : zéro, hors impressions.

Les trois cartes sont stockées au siège du club et chez le coordinateur CED. Elles sont mises à jour annuellement. Elles sont présentées au conseil d'administration et au président entrant lors de la passation de bureau.


Fiche diagnostic-territoire du club

La fiche ci-dessous est le livrable formel du diagnostic. Elle se remplit sur plusieurs pages, est signée par le coordinateur CED et le président, et archivée au club pour cinq ans minimum.

DIAGNOSTIC ÉCONOMIQUE DE TERRITOIRE : Club Rotary de ________________
Date de réalisation : ___/___/______     Prochaine révision : ___/___/______
Rédigé par : __________________________________________
Validé par : __________________________________________

1. IDENTIFICATION DU TERRITOIRE

Commune(s) ou zone(s) couverte(s) : ___________________________________
Population totale estimée : ____________________________________________
Superficie : __________________________________________________________
Découpage administratif : ______________________________________________

2. POPULATIONS : COUCHE 1

Pyramide des âges (trois tranches) : ___________________________________
Taux de pauvreté monétaire : ___________________________________________
Taux chômage jeunes (15-24 ans) : ______________________________________
Femmes chefs de famille (nombre / pourcentage) : _______________________
Personnes déplacées/réfugiées : ________________________________________
Personnes handicapées : ________________________________________________
Alphabétisation adulte (hommes / femmes) : _____________________________

3. ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES : COUCHE 2

Secteurs dominants (3 premiers) :
  1. ________________________________   part estimée : _____ %
  2. ________________________________   part estimée : _____ %
  3. ________________________________   part estimée : _____ %
Taux d'informalité : ___________________________________________________
PIB local/régional (si disponible) : ___________________________________
Filières porteuses : ___________________________________________________

4. INFRASTRUCTURES : COUCHE 3

Marchés et halles : ____________________________________________________
Accès routier (état, saisonnalité) : ___________________________________
Couverture électrique : ________________________________________________
Couverture mobile / Internet : _________________________________________
Points d'accès au crédit : _____________________________________________

5. INSTITUTIONS : COUCHE 4

Banques présentes : ____________________________________________________
IMF agréées : __________________________________________________________
Coopératives identifiées : _____________________________________________
Chambres consulaires : _________________________________________________
Organismes de formation : ______________________________________________
Services déconcentrés État : ___________________________________________

6. RÉSEAUX : COUCHE 5

ONG CED actives : ______________________________________________________
Associations locales notables : ________________________________________
Diasporas actives : ____________________________________________________
Clubs Rotary voisins : _________________________________________________
Universités / écoles : _________________________________________________

7. MATRICE BESOINS × CAPACITÉS × OPPORTUNITÉS (extrait)

| Besoin | Capacités locales | Opportunité CED | Partenaires | Priorité |
|--------|------------------|-----------------|-------------|----------|
| ______ | ________________ | _______________ | ___________ | ________ |
| ______ | ________________ | _______________ | ___________ | ________ |
| ______ | ________________ | _______________ | ___________ | ________ |
| ______ | ________________ | _______________ | ___________ | ________ |
| ______ | ________________ | _______________ | ___________ | ________ |

8. TROIS OPPORTUNITÉS CED PRIORITAIRES DU CLUB

Opportunité 1 : _______________________________________________________
   Famille d'intervention (M / F / V / C / L) : _______________________
   Partenaires pressentis : ____________________________________________
   Horizon : ___________________________________________________________

Opportunité 2 : _______________________________________________________
   Famille d'intervention (M / F / V / C / L) : _______________________
   Partenaires pressentis : ____________________________________________
   Horizon : ___________________________________________________________

Opportunité 3 : _______________________________________________________
   Famille d'intervention (M / F / V / C / L) : _______________________
   Partenaires pressentis : ____________________________________________
   Horizon : ___________________________________________________________

9. SOURCES CITÉES (minimum 10, idéalement 12)

1. _________________________  7. _________________________
2. _________________________  8. _________________________
3. _________________________  9. _________________________
4. _________________________  10. ________________________
5. _________________________  11. ________________________
6. _________________________  12. ________________________

10. ENTRETIENS CONDUITS

Nombre total : _____     Période : du ___/___/___ au ___/___/___
Profils couverts (cocher) :
  [ ] Chefs communautaires  [ ] Élus  [ ] Entrepreneurs
  [ ] Leaders associatifs   [ ] Femmes   [ ] Jeunes
  [ ] IMF / coopératives    [ ] Formation  [ ] Services État

Synthèse partagée aux interlocuteurs :  [ ] Oui   [ ] Non

Signatures :
  Coordinateur CED ________________   Président(e) ________________

Exemples de profils CED par type de territoire

Pour illustrer la démarche, trois profils types. Votre club se rapproche probablement de l'un d'entre eux, ou en combine deux.

Club rural Afrique subsaharienne (ex. Burkina Faso ou Côte d'Ivoire rurale)

Dimension Profil dominant
Populations Jeune, rurale, taux de pauvreté 40-60 %, alphabétisation femmes faible
Activités Agriculture vivrière + filières commerciales (coton, karité, cajou), informalité > 85 %
Infrastructures Routes saisonnières, électricité limitée, mobile money en expansion
Institutions Caisses populaires, coopératives agricoles OHADA, quelques IMF
Réseaux ONG agricoles (Heifer, TechnoServe), diasporas actives, CRS

Besoins dominants : inclusion financière rurale, structuration de filières, alphabétisation fonctionnelle adulte, formation aux métiers agricoles et artisanaux. Familles d'intervention pertinentes : M (microfinance, VSLA), V (chaînes de valeur agro), C (coopératives OHADA).

Club urbain Amérique latine (ex. Colombie ou Équateur)

Dimension Profil dominant
Populations Urbaine jeune, migrations internes, poches de pauvreté péri-urbaines
Activités Commerce et services, économie informelle urbaine, PME manufacturières
Infrastructures Bien équipé en centre, dégradé en périphérie, couverture numérique forte
Institutions Banques bien présentes, microfinance développée, incubateurs publics
Réseaux BID, universités, ONG urbaines, chapitres RAGCED LATAM actifs

Besoins dominants : entrepreneuriat jeune en périphérie, inclusion économique des migrants, formalisation des TPE, formation numérique. Familles d'intervention pertinentes : F (formation pro), L (développement local intégré, incubateurs), M (microfinance urbaine via IMF).

Club péri-urbain Asie du Sud (ex. Inde rurale ou Philippines)

Dimension Profil dominant
Populations Dense, féminisation de la pauvreté, castes ou communautés marginalisées
Activités Agriculture + artisanat + industrie légère, migration travail saisonnière
Infrastructures Mobile money très développé, électricité irrégulière, routes variables
Institutions SHG (self-help groups), NBFC-MFI, coopératives laitières, banques publiques
Réseaux Chapitre RAGCED Dakshinpatha, ONG puissantes (BRAC, SEWA), universités

Besoins dominants : groupes d'épargne féminins, chaînes de valeur laitières, formation aux métiers techniques, inclusion financière digitale. Familles d'intervention pertinentes : M (SHG, microcrédit), F (formation technique), V (filières lait, textile).


Mise à jour annuelle

Le diagnostic territorial n'est pas un document d'archive. Il est un outil vivant. Son cycle est annuel, calé sur l'année Rotary.

  • Juin. Le coordinateur CED lance la révision. Actualisation des sources officielles, beaucoup publient en mai-juin. Revue de la matrice avec le comité CED.
  • Juillet-août. Entretiens complémentaires si besoin (trois à cinq nouveaux, pour ne pas refaire le cycle entier chaque année).
  • Septembre. Version actualisée validée par le comité CED, présentée au conseil d'administration du club.
  • Octobre. Partage au district (DRFC Chair, District CED Chair si le poste existe) et aux clubs voisins partenaires.

La mise à jour n'est jamais un rituel. Chaque année, deux à trois paramètres ont changé : un nouveau maire, une IMF qui a fermé, une filière qui a émergé, un financement régional qui s'ouvre. Le club qui tient ce rythme dispose d'une intelligence territoriale que peu d'ONG maintiennent. C'est un avantage comparatif réel dans la compétition TRF, et surtout un gage de sérieux que les partenaires institutionnels reconnaissent.


Actions prioritaires issues de ce chapitre

Avant de passer au chapitre 4, assurez-vous que votre club a :

  • Consulté au moins dix sources officielles nationales et internationales
  • Conduit au moins quinze entretiens terrain selon la méthode capabilities
  • Cartographié les cinq couches : populations, activités, infrastructures, institutions, réseaux
  • Rempli la matrice besoins × capacités × opportunités avec au moins sept entrées
  • Identifié trois opportunités CED prioritaires, qualifiées par famille d'intervention
  • Produit les trois cartes (zones d'action, acteurs institutionnels, ressources)
  • Rempli et signé la fiche diagnostic-territoire
  • Archivé la fiche au club pour une durée minimale de cinq ans
  • Présenté la synthèse au conseil d'administration et au district
  • Planifié la mise à jour annuelle (juin-octobre)

Un club qui tient ces dix points franchit seul le critère n° 4 du standard minimal (ch. 0). Il est opérationnellement prêt à s'engager dans la conception d'un projet. Le chapitre 4 traite maintenant des principes et de l'éthique du CED, sans lesquels le meilleur diagnostic ne produit que des projets techniquement corrects et humainement discutables. Un bon diagnostic pose le où ; l'éthique pose le comment. Les deux sont indissociables.