Skip to content

Chapitre 13 : Suivre et prouver

Septembre 2023, Hassa, dans la province de Hatay, au sud de la Turquie. Sept mois plus tôt, les séismes du 6 février ont dévasté le sud du pays. La municipalité a monté des boutiques préfabriquées dans un parc d'activités pour les commerçants qui ont perdu la leur ; le chapitre 9 a raconté comment. Une ONG internationale, CORE, a versé à 58 d'entre eux une subvention en deux tranches. Une ONG turque, YSYD, a recueilli les données. Le programme se termine le 30 septembre.

Vient l'évaluation finale. En mars, l'enquête de départ s'était faite en personne. Cette fois, on appelle les commerçants au téléphone. Quinze répondent, sur cinquante-huit.

Les résultats sont encourageants. 86 % des répondants se disent satisfaits ou très satisfaits de l'aide reçue. Dans leurs ménages, la part de chômeurs est passée de 67 % à l'inscription à 14 % en fin de programme. Les dépenses déclarées sont toutes des achats pour l'entreprise, stock et équipement, conformes aux plans d'affaires. 93 % disent avoir eu accès à un moyen de faire une suggestion ou une plainte, et aucun ne dit qu'on lui a demandé quoi que ce soit en échange de l'aide.

Le rapport publié en avril 2024 ne s'arrête pas là. Il écrit que l'échantillon final ne représente que 26 % des bénéficiaires. Que l'enquête de départ n'a couvert que 4 des 12 domaines de l'indice d'autonomie utilisé, si bien que le début et la fin « were generally not comparable ». Que l'essentiel du travail retrouvé dans les ménages est temporaire ou irrégulier. Que, sur une période aussi courte, le revenu a seulement cessé de baisser. Et qu'aucun responsable local du suivi n'était en poste au démarrage, ce qui a retardé l'enquête de départ. Il présente ses propres résultats comme « a descriptive approximation ».

Un rapport qui dit ce qu'il ne sait pas est plus rare, et plus utile, qu'un rapport qui affiche des pourcentages.

Ce que la scène enseigne

Reprenons les chiffres de Hassa en séparant ce qu'ils établissent de ce qu'ils suggèrent.

Ce qu'ils établissent. L'argent a été dépensé comme prévu : les factures et les visites de contrôle l'attestent. Les quinze répondants sont satisfaits. Un canal de plainte existait et il était connu. Ce sont des résultats de gestion, et ils comptent : un donateur, une fondation, une municipalité veulent d'abord savoir que l'argent est allé où il devait aller.

Ce qu'ils suggèrent sans le prouver. La baisse du chômage dans les ménages est réelle pour ces quinze-là. Mais rien ne dit qu'elle vient de la subvention : d'autres facteurs ont pu jouer en même temps, et l'enquête n'a pas de groupe de comparaison. Rien ne dit non plus que les 43 commerçants qui n'ont pas répondu vont aussi bien ; d'autres enquêtes, on le verra, prennent un numéro qui ne répond plus comme un indice de fermeture. Et rien ne dit que les boutiques tiendront un an de plus.

Ce qu'ils enseignent pour la suite. Les faiblesses du suivi de Hassa sont presque toutes nées au début : enquête de départ incomplète, personne chargée du suivi absente au démarrage, retards en chaîne. Le rapport en tire lui-même la leçon : associer un spécialiste local du suivi dès le lancement. Un suivi se gagne ou se perd au premier mois.

Votre club ne fera pas mieux que CORE avec moins de moyens. Il peut faire aussi honnête, et prévoir plus tôt.

Pourquoi mesurer, et pour qui

On mesure d'abord pour les personnes touchées. La Norme humanitaire fondamentale (CHS), dans son édition de 2024, se présente comme un outil qui permet aux personnes et aux communautés de demander des comptes à ceux qui les aident. Ses engagements sont écrits de leur point de vue : elles doivent pouvoir donner leur avis, se plaindre sans risque, et connaître ce qu'on a appris de leurs réponses.

On mesure ensuite pour la Fondation Rotary et pour les donateurs. Les conditions des subventions mondiales en vigueur en juillet 2026 exigent qu'un projet soit mesurable : les parrains choisissent des mesures standard dans le supplément de suivi et d'évaluation de la Fondation, et peuvent en ajouter.

On mesure enfin pour décider. Les standards minimaux du relèvement économique (MERS) font du suivi une condition de qualité tout au long du programme : des données recueillies régulièrement, examinées en réunion, et un programme corrigé quand le marché change. Un suivi qui n'aboutit à aucune décision n'a servi qu'à remplir un rapport.

Mesurer peu, mesurer bien

La tentation d'un club qui découvre le suivi est de tout mesurer. C'est l'inverse qu'il faut faire.

Les MERS recommandent de ne pas attendre les évaluations annuelles et de recueillir des données de suivi régulièrement, et précisent : « Lean data can be used to collect a small amount of information relatively frequently ». La CHS 2024 demande de recueillir des données ventilées (femmes et hommes, âges, situations) « in ways that minimise demands on them » : sans peser sur les personnes. Le chapitre 3 a déjà décrit la fatigue des évaluations ; un suivi trop lourd la prolonge.

Une précision sur les MERS, parce qu'une confusion circule. Leurs « indicateurs clés » ne sont pas des indicateurs de revenus ou d'emplois à reprendre dans votre projet. Le standard les définit lui-même : « Key indicators are 'signals' that show whether a minimum standard has been met. » Ils servent à juger la qualité d'un programme (est-il attentif au marché, coordonné, suivi ?), pas à mesurer ce que gagnent les commerçants. Pour les indicateurs de résultat, il faut chercher ailleurs.

La ligne de base après une catastrophe

La ligne de base est la photographie prise avant le début du projet, à laquelle on comparera la suite. Les lignes directrices de la Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR) sur les moyens de subsistance, en 2010, la définissent comme l'ensemble des conditions existant au début d'un programme. Elles ajoutent deux précisions utiles.

D'abord, l'évaluation initiale ne suffit pas : elle ne fournit pas toujours des données assez précises pour mesurer un effet, et la ligne de base doit être mesurée séparément, en général après l'évaluation et avant le démarrage du projet. Votre fiche d'évaluation du chapitre 3 sert à choisir le projet ; la ligne de base sert à le juger.

Ensuite, après une catastrophe, la ligne de base comporte deux temps : la situation d'origine et les effets de la catastrophe. Vous mesurez la situation d'aujourd'hui, et vous notez ce que les gens se rappellent d'avant. À Hassa, le rapport compare ainsi le revenu de 2022 à celui du mois qui suit le séisme.

La FICR donne, dans un tableau, des exemples d'indicateurs de ligne de base pour les programmes de moyens de subsistance. Parmi eux, ceux qui servent le mieux un relèvement économique :

  • le nombre de personnes qui ont pu reprendre leur activité d'avant la catastrophe ;
  • le nombre de personnes qui ont accès au crédit pour remplacer les biens perdus ;
  • le nombre de personnes qui vendent leurs principaux biens productifs ;
  • le niveau d'endettement ;
  • le nombre de membres de la famille qui ont un travail ;
  • le nombre de personnes qui comptent sur leurs proches pour tenir.

Les MERS ajoutent une mise en garde, sous forme d'exemple sans lieu : une ligne de base prise une année de très bonne récolte ne disait rien d'une année normale, et l'organisation a dû chercher d'autres données quand la sécheresse est venue. Après une catastrophe, le risque est symétrique : une ligne de base prise au pire moment fait paraître spectaculaire n'importe quel retour à la normale.

La Fondation, de son côté, ne laisse pas le choix. Le supplément de suivi et d'évaluation fait de la ligne de base la quatrième de ses sept étapes, et les lignes directrices pour le développement économique communautaire (avril 2024) demandent de recueillir les données de départ avant le projet pour pouvoir mesurer les résultats. Un détail pratique en découle : une subvention mondiale ne paie rien de ce qui précède son approbation (chapitre 10). Prévoyez qui fera la ligne de base, et avec quel argent, entre l'approbation et le premier versement aux bénéficiaires.

Les indicateurs qui ont servi ailleurs

Aucun référentiel international ne fournit une liste unique et chiffrée d'indicateurs du relèvement économique. Les évaluations réelles en utilisent quelques-uns, toujours les mêmes. Le tableau en reprend cinq familles.

Indicateur Exemple réel Ce qu'il faut savoir
Commerces rouverts à 3, 6, 9 et 12 mois Katrina : 441 réouvertures cumulées fin septembre 2005, 1 190 en octobre 2007 facile à compter en marchant ; ne dit rien des revenus
Remboursement à l'échéance Népal : 99 % en juillet 2018, crédit de relance chiffre du prêteur ; à croiser avec les impayés
Emploi en fin de formation formation aux métiers du bâtiment (chapitre 7) mesurer aussi six mois après
Revenu déclaré, avant et après Haiyan, programme de CARE déclaratif ; demander une fourchette
Stratégies de survie Hassa : épargne entamée, emprunts, ventes de biens plus simples à recueillir qu'un revenu

La dernière ligne mérite qu'on s'y arrête. Demander à un commerçant combien il gagne est délicat, et la réponse est souvent fausse. Lui demander s'il a dû entamer son épargne, emprunter hors de la famille, vendre un outil ou retirer un enfant de l'école est plus simple, et plus parlant. À Hassa, les ménages des commerçants déclarent avoir puisé dans leur épargne (48 %) ou emprunté à des personnes extérieures à la famille pour leurs besoins de base (28 %). La FICR range la vente des biens productifs parmi ses indicateurs de ligne de base, et le Programme alimentaire mondial ou la FAO utilisent des indices de stratégies d'adaptation du même type.

Voici, pour donner un ordre de grandeur, ce qu'une évaluation finale de programme peut produire avec ces outils. Après Haiyan, l'évaluation du programme de CARE aux Philippines, conduite en 2016 par un centre universitaire philippin, trouve que 73 % des ménages bénéficiaires de transferts gagnent un revenu, avec un revenu net mensuel moyen de 2 785,15 pesos contre 2 000 avant. Mais elle note aussi que le remboursement des dettes et l'épargne restent « not improved or not yet met » pour une part importante des ménages. Les chiffres viennent des déclarations des bénéficiaires, sans groupe de comparaison.

Contribution, pas attribution

Quand rien ne permet de comparer avec des personnes qui n'ont pas été aidées, l'honnêteté consiste à parler de contribution. L'évaluation de CARE en donne la formule. Constatant que les ménages ont réduit leurs stratégies de survie, elle écrit : « As CARE was the major implementer of livelihoods in each Barangay, it is reasonable to assume that CARE's intervention contributed to this reduction. » Ni « a causé », ni « grâce à » : a contribué, et parce que l'organisation était le principal acteur sur place. Votre club peut écrire ses rapports de la même façon.

Le biais du survivant

Les enquêtes auprès des entreprises après une catastrophe partagent un défaut que leurs meilleurs auteurs reconnaissent : elles interrogent celles qui existent encore. La Banque fédérale de réserve de New York l'écrit à propos de son enquête sur les petites entreprises de Porto Rico après les ouragans de 2017 : les entreprises disparues n'y figurent pas systématiquement, et ses résultats « most likely understate the adverse impact of the hurricanes ». À La Nouvelle-Orléans et sur la côte du Golfe, une enquête de 2008 utilise les numéros de téléphone déconnectés comme indice de fermeture, et en trouve près d'un sur quatre parmi les entreprises tenues par des propriétaires noirs.

Pour votre club, la conséquence est pratique. Gardez la liste complète des bénéficiaires de départ, et cherchez à savoir ce que sont devenus ceux qui ne répondent plus. À Hassa, ce sont 43 commerçants sur 58.

Un dernier exemple, déjà rencontré au chapitre 6 : Fonkoze, en Haïti, a interrogé 274 de ses clients sinistrés quelques mois après le séisme de 2010, avec un outil d'évaluation qui existait avant la catastrophe. Ses chiffres sont ceux de l'institution elle-même, et elle le dit. Un outil prêt avant le choc est ce qui rend un suivi possible après.

Ce que demande la Fondation Rotary

Les règles qui suivent sont celles des documents en vigueur en juillet 2026 ; vérifiez-les dans les Terms and Conditions en vigueur sur My Rotary avant de déposer un dossier (annexe E).

Le plan de suivi. Le supplément de suivi et d'évaluation de la Fondation, daté d'avril 2015 et toujours servi, décrit sept étapes : fixer des buts clairs, choisir les mesures standard, ajouter des mesures propres au projet, établir la ligne de base et les méthodes de collecte, soumettre le plan avec la demande, recueillir les données pendant le projet, puis évaluer et reporter les résultats. Il ajoute deux consignes : éviter les doubles comptes, et ne pas se contenter de déclarer comme bénéficiaires tous les habitants d'une communauté ou d'une région.

Les mesures standard du développement économique communautaire sont six : le nombre total de bénéficiaires directs, le nombre d'entrepreneurs soutenus, le nombre d'entreprises soutenues, le nombre de personnes formées, le nombre d'emplois créés (mesuré par des enquêtes auprès des employeurs) et le nombre de jeunes employés dans des activités génératrices de revenus. Le supplément étant ancien, vérifiez dans le Grant Center qu'aucune version plus récente n'existe.

Le budget. Les parrains d'une subvention mondiale peuvent consacrer jusqu'à 10 % du budget à la mesure des résultats. C'est la ligne qui paiera votre ligne de base, vos enquêtes et le temps d'un partenaire local.

La durée. Le Code de la Fondation range le suivi parmi les six dimensions de la durabilité, et demande un plan de mesure qui confirme une amélioration significative, « ideally for three or more years ». C'est une recommandation, pas une obligation ; mais elle dépasse la durée de la plupart des projets.

Les rapports. Les échéances diffèrent selon la subvention.

Subvention Rapports exigés en juillet 2026
Disaster Response Grant rapport dans les six mois suivant le versement au district
Subvention de district rapport final sous 12 mois du versement, ou 2 mois après décaissement complet si plus tôt
Subvention mondiale premier rapport d'étape sous 12 mois après le premier versement, puis chacun dans les 12 mois suivant l'acceptation du rapport précédent
Subvention mondiale rapport final dans les deux mois suivant la fin des activités

Le rapport d'une subvention mondiale doit notamment rendre compte des mesures choisies et des données recueillies, et expliquer comment les résultats seront maintenus dans le temps. Les reçus et relevés bancaires se conservent au moins cinq ans. Enfin, une règle qui touche tout le district : la Fondation n'approuve aucune nouvelle demande de parrains qui ont un rapport en retard, pour quelque subvention que ce soit. Un rapport oublié sur un petit projet peut bloquer le grand (chapitre 11).

Écouter, rendre, documenter

Écouter. La CHS 2024 demande des moyens sûrs, accessibles et adaptés pour que tous les groupes d'une communauté puissent faire un retour et déposer une plainte (exigence 5.1). À Hassa, 79 % des répondants préféraient une combinaison de canaux, tels que des tracts et des SMS, à un canal unique. Pour un club, cela peut être un numéro de téléphone tenu par un membre qui n'a pas sélectionné les bénéficiaires, et un passage régulier sur place.

Rendre. La même norme demande de partager l'analyse et les enseignements tirés des retours et du suivi avec les personnes et les communautés soutenues (exigence 7.4). Les commerçants qui vous ont donné leurs chiffres ont droit à la synthèse, présentée simplement, avec ce que le club en a conclu.

Documenter. Le guide catastrophe posait déjà la règle : pas de photo identifiable sans consentement, et pour les enfants l'autorisation de la personne qui en a la charge. La CHS 2024 l'étend aux données : une gestion sûre, éthique et efficace des informations, pour limiter les risques pour les personnes (exigence 4.3). Une liste de bénéficiaires avec leurs dettes et leurs revenus est une donnée sensible ; elle ne circule pas dans un groupe de messagerie du club.

Partager les échecs. Le rapport de Hassa est public, avec ses limites. Les MERS demandent, à la fin d'un programme, de vérifier si l'évaluation de départ a bien guidé le programme. Le chapitre 14 dira que les stratégies de sortie sont rarement évaluées ; les échecs, encore moins. Un club qui publie ce qui n'a pas marché rend service au club suivant.

Ce que fait le club : le plan de suivi

Le plan de suivi tient sur une page. Il nomme cinq à huit indicateurs, pas davantage, choisis parmi les mesures standard de la Fondation et parmi les indicateurs de résultat décrits plus haut. Pour chacun, il dit la question posée, qui la pose, quand et à qui.

Prenons un exemple type : votre club finance, avec un prêteur local, des subventions de redémarrage pour quarante petits commerces d'une rue inondée, avec une formation à la gestion.

Indicateur Question ou source Qui collecte Quand
Entreprises soutenues (standard) registres du projet trésorier du projet à chaque versement
Commerces ouverts passage dans la rue binôme du club 3, 6, 12 mois, puis chaque année
Activité d'avant reprise « Avez-vous repris votre activité ? » partenaire local départ, 6 et 12 mois
Stratégies de survie épargne entamée, emprunt, vente d'outil partenaire local départ, 6 et 12 mois
Remboursement à l'échéance données du prêteur prêteur chaque trimestre
Personnes formées (standard) feuilles de présence formateur fin de formation
Emplois créés (standard) enquête auprès des commerçants partenaire local 12 mois
Plaintes reçues et traitées registre des plaintes membre désigné chaque mois

Trois règles accompagnent ce tableau. La ligne de base précède le premier versement : sans elle, aucun des chiffres suivants ne prouvera rien. Le partenaire local collecte : un guide de 2005 sur les stratégies de sortie, publié par le consortium C-SAFE, recommande de confier autant que possible la collecte aux partenaires locaux, pour renforcer leurs capacités et alléger le travail du parrain. Le suivi survit au projet : si le Code de la Fondation parle de trois ans, quelqu'un doit encore compter les commerces ouverts quand la subvention sera close. Le chapitre 14 dira qui.

Les pièges

Piège Pourquoi il arrive Parade
Compter tous les habitants comme bénéficiaires le chiffre impressionne la Fondation l'interdit ; compter les bénéficiaires directs
Prendre la ligne de base après les premiers versements l'urgence presse budgéter la ligne de base avant le premier versement
Mesurer vingt indicateurs on veut tout savoir cinq à huit, liés aux buts
Demander le revenu exact c'est l'indicateur évident stratégies de survie, fourchettes
N'interroger que ceux qui répondent c'est plus facile suivre la liste complète, chercher les absents
Écrire « grâce au club » on veut remercier les donateurs parler de contribution
Citer les indicateurs MERS comme des revenus confusion de vocabulaire les MERS jugent la qualité du programme
Oublier un rapport à la Fondation changement de président calendrier des rapports tenu par le district
Garder les résultats pour le club on n'y pense pas les rendre aux personnes interrogées

Ce que votre club a désormais en main

À la fin de ce travail, votre club dispose d'un plan de suivi : cinq à huit indicateurs, une ligne de base prise avant le premier versement, un calendrier sur trois ans, une personne ou une organisation chargée de chaque collecte, un canal de plainte et une date de restitution aux bénéficiaires. C'est la pièce que ce chapitre ajoute au dossier de relèvement ; l'annexe B en donne la trame.

Le rapport de Hassa n'a pas prouvé que ses subventions avaient sauvé 58 commerces. Il a montré ce qu'on savait et ce qu'on ne savait pas, et il a dit pourquoi. C'est tout ce qu'on peut demander à un suivi honnête. Reste une question que ce plan pose sans la résoudre : qui comptera encore les boutiques ouvertes quand le projet sera fini ? Préparer ce moment dès le premier jour, c'est l'objet du chapitre suivant.

Checklist

  • Les buts du projet sont écrits avant le choix des indicateurs
  • Les mesures standard de la Fondation applicables sont choisies
  • Cinq à huit indicateurs au plus, chacun lié à un but
  • La ligne de base est prise avant le premier versement, avec le souvenir d'avant la catastrophe
  • Le budget de la mesure des résultats est prévu, dans la limite des 10 %
  • Chaque indicateur a sa source, son collecteur et son calendrier
  • Le partenaire local est formé et associé à la collecte dès le départ
  • La liste complète des bénéficiaires est conservée pour suivre aussi ceux qui ne répondent plus
  • Un canal de plainte accessible existe, tenu par une personne qui n'a pas sélectionné les bénéficiaires
  • Les photos et les données personnelles sont recueillies avec consentement et protégées
  • Les rapports à la Fondation sont inscrits au calendrier du club et du district
  • Les résultats, échecs compris, sont restitués aux bénéficiaires et partagés
  • Un suivi au-delà de la fin du projet est prévu, idéalement sur trois ans

Pour aller plus loin

  • SEEP Network, Minimum Economic Recovery Standards, 3e édition, Practical Action Publishing, 2017, standard d'évaluation et d'analyse 6 (suivi et évaluation).
  • FICR, IFRC Guidelines for Livelihoods Programming, Genève, 2010, section 5 (ligne de base, tableau 1).
  • CHS Alliance, Groupe URD et Sphere, Core Humanitarian Standard on Quality and Accountability, édition 2024.
  • Fondation Rotary, Global Grant Monitoring and Evaluation Plan Supplement, avril 2015, sur My Rotary.
  • Fondation Rotary, Terms and Conditions for Rotary Foundation Global Grants, version de juillet 2026, section 8 (rapports).
  • CORE et YSYD, Empowering Communities: Post-Earthquake Small Business Recovery in Hatay, Turkey, Learning Brief, avril 2024 (publié par le réseau CALP).
  • Center of Resources for Innovation and Development, Université de San Agustin, Typhoon Haiyan Response Program: Summative Evaluation Report (CARE Philippines), 2017.
  • Federal Reserve Bank of New York, Puerto Rico Small Businesses and the 2017 Hurricanes, 2018.