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Chapitre 7 : Les compétences : travail payé, formation, métiers de la reconstruction

En décembre 2015, huit mois après le séisme du 25 avril, un projet de la coopération japonaise auprès de l'Autorité nationale de reconstruction du Népal commence à former des maçons. Le public est choisi avec soin : des maçons en activité, avec au moins un an d'expérience, proposés par leur comité villageois puis retenus après un entretien et une épreuve pratique. Ils sont une trentaine par session, défrayés et nourris. On leur enseigne les règles de la construction parasismique, en théorie puis sur le terrain. La formation devait durer six jours ; elle s'est révélée trop courte, on l'a portée à sept. En 72 sessions, le projet forme 2 157 maçons, dont 19 femmes. Il forme aussi plus de 6 500 propriétaires.

En mars 2017, le projet fait le compte dans dix comités villageois. Les normes minimales sont fixées, les propriétaires et les maçons ont été formés, des ingénieurs ont été préparés à inspecter. Et pourtant, le taux de démarrage des reconstructions n'est que de 21,3 %.

Le projet change de méthode. Il aide chaque village à former un comité de reconstruction, et il envoie sur place des « maçons mobiles » : des maçons formés, payés par le projet, qui travaillent gratuitement sur les chantiers des familles tout en formant les autres maçons et les manœuvres. Chacun suit une centaine de bénéficiaires. Au plus fort, ils sont 548.

Ailleurs au Népal, une autre organisation a formé, de mai à juillet 2016, 3 140 maçons et ouvriers du bâtiment en sept jours, selon un cours conçu par le gouvernement. Son bilan, publié dans un recueil d'études de cas du cluster mondial de l'abri, contient cette phrase : « Masons had limited employment prospects after the project ended. »

Former deux mille maçons ne suffit pas à faire reconstruire des maisons. Il faut encore un chantier, quelqu'un pour le payer, et un métier qui survive au chantier.

Ce que la scène enseigne

Une compétence n'est pas un emploi. Les maçons formés au Népal savaient construire selon les normes, mais les familles ne lançaient pas leurs chantiers ; le projet a attribué ce retard à un manque d'entraide dans les communautés. Sa réponse a été de porter la formation sur le chantier lui-même, aux côtés des familles.

Le second projet montre l'autre moitié du problème. La reconstruction crée une demande soudaine de main-d'œuvre, puis elle s'arrête. Ses propres auteurs reconnaissent qu'ils n'avaient fait aucune étude du marché du travail et aucun plan pour les moyens de subsistance au-delà de la reconstruction. Ils ont formé pour un pic de demande, pas pour un métier.

Ce chapitre traite de ces deux moitiés : le travail payé des premiers mois, qui met de l'argent dans les poches et déblaie les rues ; la formation, qui donne aux habitants les emplois de la reconstruction ; et le passage à l'emploi qui restera quand les grues seront parties.

La reconstruction, une demande soudaine et temporaire

Ce que pèse le chantier

L'évaluation des besoins après le séisme du Népal (PDNA), conduite par le gouvernement avec ses partenaires, chiffre le travail nécessaire au seul logement à 352 millions de journées sur cinq ans. Elle s'inquiète surtout des ouvriers qualifiés : 46 % des besoins selon le chapitre logement, 40 % selon le chapitre emploi, soit plus de 20 000 maçons selon le premier, 17 500 selon le second. L'écart dit l'incertitude de ces estimations ; l'ordre de grandeur, lui, est clair. La même évaluation prévoit que la demande poussera les salaires de la maçonnerie à la hausse, et elle avertit : « il est essentiel d'aider les fournisseurs de produits manufacturés à tirer parti de la hausse de la demande dans la construction. Sinon, la reconstruction accroîtra les importations de ces produits, surtout de Chine et d'Inde, avec peu d'effet sur l'emploi industriel » (notre traduction).

Le message vaut pour un club de chefs d'entreprise : l'argent de la reconstruction ne fait vivre l'économie locale que si les ouvriers, les artisans et les fournisseurs sont locaux. Sinon, il la traverse.

Ce que la catastrophe fait au marché du travail

Les lignes directrices PDNA sur l'emploi racontent ce qui s'est passé au Bangladesh après le cyclone Sidr, en 2007. Beaucoup de pêcheurs avaient perdu leur bateau. Dans les semaines suivantes, eux et des membres de leur famille habituellement inactifs ont cherché du travail ; des entretiens de terrain estiment qu'il y a eu, pour chaque bateau détruit, un demi-travailleur de plus par famille sur le marché. Les salaires de certains métiers ont baissé. Au même moment, dans la même zone, des électriciens et des charpentiers voyaient leur emploi et leur paie augmenter, tirés par la demande de reconstruction.

La catastrophe crée donc deux marchés à la fois : un surplus de main-d'œuvre non qualifiée, qui a besoin d'un revenu tout de suite, et une pénurie de main-d'œuvre qualifiée, qui a besoin d'être formée vite. Le travail payé répond au premier ; la formation, au second.

Les mêmes lignes directrices décrivent la séquence qui doit suivre : l'emploi qui dépend entièrement des secours doit céder progressivement la place à l'emploi lié à la reconstruction et à la reprise économique ; puis, à mesure que la reconstruction s'achève, la structure de l'emploi doit redevenir celle de l'économie. C'est la logique des trois volets de l'emploi présentés au chapitre 1 : stabiliser les revenus, relancer l'économie locale, installer l'emploi durable.

Le travail payé des premiers mois

Ce que c'est

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dans sa note de 2013 sur l'emploi d'urgence, définit le travail contre rémunération (cash for work) comme le paiement d'un salaire en échange d'un travail court : réparer des canaux d'irrigation, des digues, des pistes, des marchés, des écoles ; déblayer ; préparer des terres. Ces programmes durent en général jusqu'à six mois après une catastrophe limitée, au moins un an après une grande catastrophe. C'est un ordre de grandeur, pas une règle.

Les règles sur lesquelles les sources convergent

Règle Ce que disent les sources Ce que vérifie le club
Salaire au niveau du salaire minimum, parfois un peu sous le marché le taux fixé avec les autres acteurs
Sélection critères clairs, convenus avec la communauté et les autorités qui choisit, et sur quels critères
Sortie prévue dès le départ, progressive la date et la suite pour les travailleurs
Paiement à temps, par quinzaine ou par mois le délai réel entre travail et paie
Sécurité équipements, assurance, pas d'enfants une personne majeure par ménage

Le salaire. Le PNUD demande un salaire « commensurate to the minimum wage », éventuellement un peu inférieur au marché pour attirer les plus démunis. Il admet des salaires plus élevés juste après une crise majeure, à titre temporaire, mais pas dans la durée, parce qu'ils détournent les travailleurs des autres activités et créent des tensions. Pas d'écart entre hommes et femmes pour un travail de valeur égale ; des salaires plus élevés pour les qualifiés. Il n'existe pas de taux universel : dans ses recommandations pour les Philippines après Haiyan, la Banque mondiale note que la pratique mondiale est de payer 5 à 10 % sous le salaire minimum, alors que, selon la Banque mondiale, l'Organisation internationale du Travail (OIT) recommande le salaire minimum entier. Le chapitre 5 a montré ce que coûtent des salaires trop élevés aux agriculteurs et aux employeurs ; le chapitre 12 montrera comment les acteurs d'une même zone s'alignent. La règle pour votre club est simple : il ne fixe jamais son taux seul.

La sélection. Le PNUD constate que l'emploi d'urgence marche mieux quand les groupes touchés et les autorités locales conviennent des critères et participent à la sélection, et il met en garde contre la captation par les notables. Aux Philippines, le programme public n'engageait qu'une personne par ménage, au-dessus de l'âge légal, pour éviter qu'on envoie les enfants.

La sortie. Tout projet doit avoir une stratégie de sortie claire, avec un retrait progressif, pour que les bénéficiaires ne se retrouvent pas tous sans emploi le même jour. Le PNUD cite une passerelle : retenir une part du salaire et la verser sur un compte bancaire à la fin de la période de travail, comme au Burundi.

Le paiement. « Failure to pay workers on time can lead to discontent, conflict and negative media coverage », écrit le PNUD. L'évaluation d'un projet de l'OIT à Leyte, aux Philippines, après Haiyan, montre ce qui arrive sinon : à cause des procédures normales de l'administration, les paiements arrivaient un à deux mois après la fin du travail. « Such delays in payment defeats the purpose of the initiative », conclut l'évaluateur : le retard annule l'effet du programme et crée des tensions entre les collectivités et leur population.

Haïti : du salaire journalier au mètre cube

Après le séisme de janvier 2010, le PNUD emploie notamment 1 000 habitants de six quartiers de Bel Air, à Port-au-Prince, pour nettoyer les rues encombrées de gravats et curer les canaux. Dans le programme de déblaiement, les équipes travaillent deux à quatre semaines, six jours sur sept, au salaire minimum, et tournent pour que davantage de familles en profitent. En 2011, le PNUD passe au cash for production : le paiement se fait au mètre cube de débris enlevé, compté en camions, en brouettes ou en conteneurs. Selon le PNUD, les travailleurs ont pu augmenter leur revenu, parfois nettement ; mais la transition a été mal comprise et contestée par des travailleurs habitués au salaire journalier.

L'évaluation indépendante des programmes du PNUD tire la leçon : le cash for work était une approche saine, mais il « lasted too long and took time to evolve into a more constructive modality ». Elle va plus loin pour l'ensemble des programmes : quand l'accent est mis sur la distribution de l'argent plutôt que sur les résultats du travail, le cash for work devient un simple transfert monétaire.

Kobe : l'embauche qui ne se décrète pas

En mars 1995, deux mois après le séisme de Kobe, le gouvernement japonais impose aux chantiers publics de la zone touchée de réserver jusqu'à 40 % de leurs effectifs aux sinistrés privés d'emploi. Selon la Banque mondiale, un an plus tard, 30 personnes seulement avaient été embauchées à ce titre. Les entreprises continuaient de recruter selon la rentabilité et l'efficacité, et aucune sanction n'était prévue.

Une obligation ne crée pas de compétence. Si les sinistrés n'ont pas le métier que cherche l'entreprise, elle embauche ailleurs.

Aceh : former pour que les emplois restent

La Banque mondiale a résumé, pour les Philippines après Haiyan, les leçons qu'elle avait tirées d'Aceh après le tsunami de 2004. Une fois les besoins de reconstruction estimés, il faut calculer combien d'emplois ils créeront dans la construction et vérifier la main-d'œuvre disponible sur place. À Aceh, une partie des ouvriers est venue d'autres régions d'Indonésie ; ailleurs, des habitants ont été formés « so the jobs could go to local people ». Importer de la main-d'œuvre est parfois nécessaire, « but it does create social jealousy ». Les autres leçons de l'encadré tiennent en deux lignes : organiser formation, orientation et placement des demandeurs d'emploi, surtout dans la construction ; et passer vite du travail payé au rétablissement des moyens d'existence d'origine.

Former les artisans de la reconstruction

Ce que dit l'expérience

Le manuel de la Banque mondiale sur la reconstruction des logements après une catastrophe (Safer Homes, Stronger Communities, 2010) consacre un chapitre à la formation. Il s'ouvre sur cette phrase : « Training is the intervention that most determines whether the housing reconstructed after a disaster is an improvement over what people had before ». Ses règles sont celles qu'un chef d'entreprise appliquerait :

  • Simple et concret. Plus les consignes sont simples, mieux c'est ; un ouvrier aux compétences modestes peut apprendre les exigences de base en quelques jours.
  • Sur le chantier. La formation sur le tas est indispensable, et un suivi est nécessaire pendant toute la reconstruction.
  • Vite. « The more time that passes after the disaster, the greater the probability that people will begin to rebuild without any guidance or supervision. »
  • Avec les ressources locales. Vérifier ce qui existe en instituts, associations professionnelles et certifications ; les experts internationaux ne doivent pas évincer les experts et constructeurs locaux.
  • Sans promettre trop. Ne pas construire de bâtiments de démonstration qui font espérer une qualité que l'aide disponible ne pourra pas payer.

Pakistan : une compétence qui survit au chantier

Après le séisme du 8 octobre 2005, le Pakistan choisit une reconstruction conduite par les propriétaires, avec des subventions versées par tranches selon l'avancement et le respect des normes, et des centres de formation. Combien de personnes ont été formées ? Le rapport de fin de projet de la Banque asiatique de développement donne 783 314 personnes formées dans les centres de l'autorité de reconstruction ; le même rapport parle ailleurs de 25 000 maîtres formateurs ayant formé plus de 200 000 propriétaires ; un rapport d'expert annonçait plus de 250 000 personnes formées. Les périmètres ne sont pas définis, et les trois chiffres ne se comparent pas.

Le résultat le plus intéressant est ailleurs. Selon l'étude d'impact social de l'autorité de reconstruction, rapportée par la Banque asiatique, en 2009, 72 % des maisons bâties depuis le séisme sans aucune subvention utilisaient des techniques parasismiques. Le savoir-faire est resté dans les mains des maçons et des propriétaires après la fin des versements. Le même rapport note une limite : les propriétaires attendaient en moyenne plus d'un mois les consignes de correction, et n'avaient souvent ni le temps ni les moyens de patienter.

La certification

La PDNA du Népal recommande, à moyen terme, une formation fondée sur la demande réelle du marché du travail, et ajoute qu'il est indispensable que les certificats délivrés soient reconnus par l'institution nationale de formation professionnelle. Un certificat reconnu suit le maçon sur le chantier suivant ; une attestation de projet reste dans un tiroir.

Ce qui transforme une formation en emploi

Partir de l'employeur

Le guide CED le pose pour le temps normal : on ne forme pas à des métiers dont le marché n'a pas besoin. Après une catastrophe, l'employeur le plus évident est la reconstruction elle-même, mais elle n'est pas le seul. Le manuel d'évaluation rapide de l'OIT demande, avant toute formation : la formation repose-t-elle sur une évaluation du marché ? L'offre correspond-elle aux besoins du marché du travail ? Existe-t-il une formation sur le tas ?

L'évaluation du projet de l'OIT à Leyte en donne l'illustration. Les formations proposées étaient la menuiserie, la transformation alimentaire et l'artisanat de bambou et d'herbe tressée. Peu de personnes en tiraient un revenu. L'évaluateur note que l'artisanat exige l'appui de toute une chaîne de valeur, impossible dans un programme de secours, et conclut que les métiers enseignés devraient être ceux « with a clear demand within trainees' own neighborhood ».

Un exemple à l'échelle d'un club

Cet exemple vient du Liban, après la guerre de 2006 : un contexte d'après-conflit que ce livre ne traite pas, mais dont la méthode se transpose à une catastrophe. Deux organisations non gouvernementales y forment des déplacés de retour chez eux aux installations sanitaires et électriques. Le cours dure dix semaines : cinq de théorie, cinq de pratique dans les maisons de leurs propres villages, sous la conduite d'artisans en activité, qui ont eux-mêmes reçu quatre jours de formation de formateurs. Les stagiaires gardent leurs outils. Sur 42 inscrits, 37 terminent, et 28 ont trouvé un emploi à la fin du cours.

Tout ce qui fait marcher ce petit programme est à la portée d'un club : des artisans en activité comme formateurs, un métier demandé par la reconstruction mais utile après elle, de la pratique dans le quartier, et des outils qui restent.

Un projet Rotary : Khokana

À Khokana, village newar d'environ 7 000 habitants à neuf kilomètres de Katmandou, le séisme de 2015 a entièrement détruit environ 550 maisons et endommagé 307 autres, pour 900 foyers. Le club de Mississauga-Meadowvale (Canada), avec le club de Patan (Népal) comme club hôte, monte une subvention mondiale de développement économique communautaire à deux objectifs : renforcer l'association locale de sensibilisation des femmes de Khokana, et donner à environ 150 femmes touchées par le séisme des compétences génératrices de revenus, près de chez elles. Selon la page du district qui en rend compte, les formations à la couture et au tressage de la paille sont terminées, celle de cuisine presque, et les stagiaires font leur formation pratique ; deux autres sessions sont prévues, mais en juillet et août les femmes sont occupées à repiquer le riz. Selon Rotary Great Britain and Ireland, des dizaines de femmes avaient déjà été formées à des activités productives, à la gestion, à la commercialisation et au développement de leurs liens avec les marchés.

Selon la même page, le projet court du 15 mai 2017 au 31 décembre 2018, soit deux ans après le séisme pour son démarrage, et coûte 42 263 dollars. Les sources Rotary ne donnent aucun résultat de revenu. Il montre pourtant deux choses : une subvention mondiale peut porter un projet de compétences après une catastrophe, et elle passe par une association locale qui restera. Le calendrier agricole, lui, rappelle que la formation se cale sur la vie des gens, pas l'inverse.

Après le chantier

La demande de maçons retombera. Nous recommandons de choisir, quand c'est possible, des métiers qui servent aussi en temps normal (électricité, plomberie, menuiserie, réparation), et de préparer dès la formation l'accès à l'épargne ou au crédit pour ceux qui s'installeront à leur compte (chapitre 6). L'essai de Beira, présenté au même chapitre, va dans ce sens : après le cyclone, ce sont les menuisiers, dont la reconstruction faisait la demande, qu'une petite subvention a le plus aidés.

Les services de l'emploi comptent aussi. La Recommandation 205 de l'OIT, adoptée en 2017, demande aux États de rétablir et renforcer les services publics de l'emploi, y compris des services d'emploi d'urgence ; le guide OIT-PNUD de 2021 les décrit comme des ponts entre les demandeurs d'emploi et les offres quand l'offre et la demande changent vite. Un club peut proposer ses membres employeurs à ces services, ou organiser lui-même une bourse d'emploi des chantiers de son territoire.

Le travail décent, même dans l'urgence

La Recommandation 205 fixe des repères que votre club doit connaître, même s'ils s'adressent aux États.

  • Sécurité. Elle demande « des conditions de travail sûres et décentes comportant la distribution d'équipements de protection individuelle et une assistance médicale pour tous les travailleurs, y compris ceux qui participent aux activités de secours et de réhabilitation ». Ses références à la sécurité et à la santé « s'appliquent également aux personnes engagées dans le travail bénévole » : nous en déduisons qu'elles valent pour les bénévoles de votre club.
  • Femmes. Elle demande de garantir que les femmes qui ont occupé un emploi pendant la crise « ne sont pas remplacées contre leur volonté au retour de la main-d'œuvre masculine ».
  • Enfants. Les lignes directrices PDNA admettent que certaines exigences du droit du travail soient suspendues pendant l'urgence, mais jamais les normes sur les pires formes de travail des enfants ou l'esclavage.
  • Entreprises. La Recommandation demande aux organisations d'employeurs d'« aider les entreprises durables, en particulier les petites et moyennes entreprises, à mettre en place un plan de continuité de leurs activités et à surmonter la crise au moyen de la formation, de conseils et d'un appui matériel ». Un club de chefs d'entreprise n'est pas une organisation d'employeurs, mais il en a les compétences.

Ce que fait le club

Les rôles

Votre club ne gère pas lui-même un programme de travail payé : les règles de salaire, de sélection, d'assurance et de paiement demandent une organisation que peu de clubs ont. Il ne forme pas lui-même des maçons. Il relie.

Action Qui la conduit Ce que fait le club
Travail payé collectivité, ONG, agence cofinance, vérifie taux et délais de paie, fournit équipements
Formation aux métiers du bâtiment centre reconnu, maîtres artisans trouve les chantiers et les formateurs en activité
Apprentissage entreprises du territoire mobilise ses membres employeurs
Placement service de l'emploi, comité de placement organise un comité avant la fin du cours
Achats de la reconstruction maîtres d'ouvrage demande artisans et fournisseurs locaux
Installation à son compte prêteur, groupe d'épargne relie les diplômés à un partenaire financier

Quand votre club finance lui-même un chantier, il peut inscrire dans le cahier des charges l'emploi d'artisans et de fournisseurs de la zone. La Banque mondiale proposait, après Haiyan, d'obliger les entreprises de la reconstruction à employer des travailleurs non qualifiés des communautés touchées et de profiter des travaux publics pour les former aux métiers de la construction.

Les règles de la Fondation Rotary

Les lignes directrices CED de la Fondation, dans leur version d'avril 2024, demandent que la formation ne soit pas un acte isolé : « It shouldn't be a standalone course or one-time intervention. » Pour un programme de formation existant, le projet doit en améliorer la qualité ou la portée : « Simply improving the physical facility or replacing existing equipment doesn't meet the requirements for a global grant. » Tout gros équipement exige un plan financier de trois à cinq ans. Les subventions mondiales peuvent aussi financer des équipes de formation professionnelle, des groupes de professionnels qui se rendent à l'étranger pour former des professionnels locaux. Elles ne paient rien d'antérieur à leur approbation ; le chapitre 10 en tire les conséquences pour le calendrier. Vérifiez ces règles dans les Terms and Conditions en vigueur sur My Rotary.

Les pièges

Piège Pourquoi il arrive Parade
Former sans chantier ni employeur la formation est facile à organiser relier chaque session à des chantiers réels
Former pour le seul pic de la reconstruction la demande est visible et urgente métiers utiles après, certificat reconnu
Payer le travail plus que le marché on veut aider davantage taux fixé avec les autres acteurs
Payer en retard procédures habituelles du partenaire vérifier le délai de paie avant de cofinancer
Faire durer le travail payé il est populaire et visible date de sortie et passerelle dès le départ
Décréter des quotas d'embauche cela paraît simple former pour les métiers que cherchent les entreprises
Former à l'artisanat sans débouché le projet semble adapté aux femmes métiers demandés dans le quartier même
Importer la main-d'œuvre qualifiée c'est plus rapide former des habitants dès le début

Ce que votre club a désormais en main

Votre dossier de relèvement reçoit ici son volet « compétences » : les métiers visés, avec la demande qui les justifie ; les employeurs et les chantiers engagés ; le partenaire de formation et la certification ; et ce que deviendront les personnes formées quand la reconstruction sera finie.

Au Népal, former des maçons n'a pas suffi ; il a fallu les envoyer sur les chantiers, aux côtés des familles. La compétence ne vaut que reliée à une demande. Or la demande, pour les agriculteurs, les pêcheurs et les commerçants, passe par des marchés et des chaînes dont un maillon a souvent cassé : c'est l'objet du chapitre suivant.

Checklist

  • La demande de main-d'œuvre de la reconstruction est estimée, par métier
  • Le club sait qui conduit le travail payé sur son territoire, et à quel taux
  • Aucun taux de salaire n'est fixé par le club seul
  • Le délai réel entre travail et paiement est vérifié chez chaque partenaire
  • La sélection des travailleurs se fait avec la communauté et les autorités locales, selon des critères publics
  • La sortie du travail payé est datée dès le départ, avec une passerelle
  • Chaque formation est reliée à des chantiers ou à des employeurs identifiés
  • Les formateurs sont des artisans en activité, et la formation se termine sur le chantier
  • Le certificat est reconnu par l'organisme national de formation professionnelle
  • Les métiers choisis serviront après la reconstruction
  • Un comité de placement est constitué avant la fin du cours
  • Les équipements de protection et l'assurance des travailleurs et des bénévoles sont prévus
  • Le volet « compétences » du dossier de relèvement est rédigé

Pour aller plus loin

  • Programme des Nations unies pour le développement, Guidance Note: Emergency Employment and Enterprise Recovery, 2013.
  • Abhas K. Jha et al., Safer Homes, Stronger Communities: A Handbook for Reconstructing after Natural Disasters, Banque mondiale, 2010, chapitre 16 sur la formation.
  • Organisation internationale du Travail, Recommandation (n° 205) sur l'emploi et le travail décent pour la paix et la résilience, 2017.
  • Union européenne, Groupe des Nations unies pour le développement et Banque mondiale, Post-Disaster Needs Assessments Guidelines, volume B, chapitre Employment, Livelihoods and Social Protection.
  • Gouvernement du Népal, Post Disaster Needs Assessment, volume B, 2015, chapitres logement et emploi.
  • Agence japonaise de coopération internationale (JICA), rapport final du projet d'appui à la reconstruction des logements au Népal, février 2019.
  • Banque asiatique de développement, rapport de fin d'assistance technique sur la reconstruction des logements après le séisme de 2005 au Pakistan.
  • Fondation Rotary, Community Economic Development Guidelines: Global Grant Funding, avril 2024, sur My Rotary.